12e Prix Russophonie (2018)

Ce sont cette année un peu plus de soixante-dix ouvrages qui sont parus dans une traduction française. Cette fois encore la sélection du jury illustre toute la diversité de la littérature russe, des éditeurs et des traducteurs qui s’appliquent à la faire connaître. De L’ours est mon maître, (éd. Transboréal), récit naturaliste de Valentin Pajetnov porté par un traducteur éclectique et prolifique, Yves Gauthier, à l’ouvrage de Vélimir Khlebnikov Œuvres 1919-1922 traduit par le très rare Yvan Mignot, en passant par Suicide de Marc Aldanov qui fait revivre 100 ans plus tard la révolution de 1917, traduit par Jean-Christophe Peuch, un de ces traducteurs qui appliquent son art à plusieurs langues, tout comme Cécile Giroldi pour le texte brûlant d’actualité Je suis Tchétchène de German Sadulaev (éd. Louison), sans oublier Le Livre invisible, texte autobiographique de Sergueï Dovlatov, traduit par Christine Zeytounian-Beloüs.

En 2007, le premier Prix Russophonie était attribué à un tout jeune traducteur, Jean-Baptiste Godon, pour une traduction d’Evgueni Zamiatine, Au diable vauvert, publiée aux éditions Verdier. Depuis, les choix audacieux de Verdier ont trouvé un écho auprès d’un jury non moins audacieux qui à plusieurs reprises distingué ses traducteurs: Hélène Châtelain (2009) pour L’Éloge des voyages insensés de Vassili Golovanov, Luba Jurgenson (2011) pour L’Apologie de Pluchkine de Vladimir Toporov, Anne-Marie Tatsis Botton (2012) pour Souvenirs du futur de Sigismund Krzyzanowski.

Rien d’étonnant à ce que l’on retrouve les éditions Verdier et Yvan Mignot au palmarès de ce 12e prix pour l’entreprise ambitieuse autant qu’audacieuse que représente la première publication de l’oeuvre d’un poète mort en 1922 que beaucoup considéraient comme le plus grand et qui clama en son temps la nécessité d’inventer une langue nouvelle, le « Zaoum » ou « langue d’outrâme universelle». Seul un poète pouvait mener à bien cette entreprise impossible, c’est le cas d’Yvan Mignot qui creuse depuis de nombreuses années son sillon autour de l’oeuvre de Vélimir Khlebnikov et nous livre cette traduction inspirée.

En ramenant Khlebnikov aux côtés de ses grands contemporains, Yvan Mignot vient aussi couronner la belle aventure de douze éditions du Prix Russophonie et le travail d’un jury qui n’a jamais ménagé sa peine ni boudé son plaisir.

Christine Mestre

 

Le jury: Gérard Conio, Françoise Genevray, Natalia Jouravliova, Irène Sokologorsky

Les nominés: Yves Gauthier pour sa traduction de L’ours est mon maître de Valentin Pajetnov, Cécile Giroldi pour sa traduction de Je suis tchétchène – Une hirondelle ne fait pas le printemps de German Sadoulaev, Yvan Mignot pour sa traduction d’Œuvres 1919-1922 de Vélimir Khlebnikov, Jean-Christophe Peuch pour sa traduction de Suicide de Mark Aldanov, Christine Zeytounian-Beloüs pour sa traduction de Le Livre invisible suivi du Journal invisible de Sergueï Dovlatov.

Le lauréat: Yvan Mignot pour sa traduction d’Œuvres 1919-1922 de Vélimir Khlebnikov.

Lauréat(e) du 12e Prix Russophonie (2018)

Pour :

Nominé(e)s pour le 12e Prix Russophonie (2018)

%%tb-image-alt-text%%
CÉCILE GIROLDI
%%tb-image-alt-text%%
CHRISTINE ZEYTOUNIAN-BELOÜS
%%tb-image-alt-text%%
JEAN-CHRISTOPHE PEUCH
%%tb-image-alt-text%%
YVES GAUTHIER

Membres du jury du 12e Prix Russophonie (2018)

%%tb-image-alt-text%%
IRÈNE SOKOLOGORSKY
%%tb-image-alt-text%%
NATALIA JOURAVLIOVA
%%tb-image-alt-text%%
FRANÇOISE GENEVRAY
%%tb-image-alt-text%%
GÉRARD CONIO

Catalogue du Prix Russophonie