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Le journaliste et écrivain Oles Bouzina assassiné

avril 17, 2015


L’un des plus importants invités des dernières journées du livre russe et des littératures russophones, organisées à Paris à la fin janvier, l’écrivain et journaliste ukrainien Oles Bouzina a été sauvagement assassiné jeudi 16 avril, en plein jour dans l’Ukraine kievienne. 

L’écrivain avait été invité aux journées en tant qu’écrivain russophone. Il était à ce moment là aussi rédacteur en chef du journal Segodnia, dont il a dû démissionner en mars dernier pour cause de censure : « je ne voulais pas me transformer de journaliste en censeur« , écrivait-il sur son blog. Il écrivait aussi en ukrainien et était une des meilleurs spécialistes de l’écrivain Tarass Chevtchenko, souvent considéré comme le père de la littérature ukrainienne. Il n’hésitait pas à défendre son point de vue,original et souvent discuté mais toujours très attaché à son pays, tout en s’opposant totalement à la politique suivie actuellement à Kiev. Il était notamment contre la politique d’opposition systématique à la Russie et de choix imposé entre l’UE et la Russie, alors que son pays a besoin des deux. Il était aussi contre la guerre civile dans la région du Donbass. Il n’était pas pour autant « pro-russe » comme l’en accusaient le pouvoir actuel et ses partisans dont ceux qui ont revendiqué l’assassinat.
Sa venue en France et ses interventions aux journées (cf vidéos
1, 2 et 3) aura été un de ses derniers déplacements à l’étranger où il a pu rencontrer des écrivains et des visiteurs de toutes tendances littéraire ou politique, comme il se doit dans cette manifestation qui existe depuis 2010.
Les organisateurs des Journées du livre et du Prix Russophonie présentent leurs condoléances à la famille d’Oles Bouzina.
On ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment de honte devant le silence assourdissant de la presse française et des confrères journalistes devant cet assassinat de l’un des leurs, qui n’est pas le premier. Le même jour, à l’ouest de l’Ukraine à Netechine, une autre consoeur, Olga Moroz, qui enquêtait sur les trafics de bois, a été assassinée. 

 Dimitri de Kochko, président de l’association France-Oural 

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